KDO

Publié le par Alberoz

APOLLINAIRE  Guillaume (1880-1918)

Si je mourais là-bas ....

Si je mourais la-bas sur le front de l'armée
Tu pleurerais un jour o Lou ma bien-aimée
Et puis mon souvenir s'éteindrait comme meurt
Un obus éclatant sur le front de l'armée
Un bel obus semblable aux mimosas en fleurs

Et puis se souvenir éclaté dans l'espace
Couvrirait de mon sang le monde tout entier
La mer les monts les vals et l'étoile qui passe
Les soleils merveilleux murissant dans l'espace
Comme les fruits  d'or autour de Baratier

Souvenir oublié vivant dans toutes choses
Je rougirais le bout de tes jolis seins roses
Je rougiris ta bouche et tes cheveux sanglants
Tu ne vieiillirais point toutes ces belles choses
Rajeuniraient toujours pour leurs destins galants

 Le fatal giclement de mon sang sur le monde
Donnerait au soleil plus de vive clarté
Aux fleurs plus de couleur plus de vitesse à l'onde
Un amour inoui descendrait dans le monde
L'amant serait plus fort dans ton corps écarté

Lou si je meurs là-bas souvenir Qu'on oublie
Souviens t'en quellquefois aux instants de folie
De jeunesse et d'amour et d'éclatante ardeur
Mon sang c'est la fontaine ardente du bonheur
Et sois la plus heureuse étant la plus jolie

O mon unique amour et ma grande folie

30 janvier 1915. ecrit a NIMES

La nuit descend
On y pressent
Un lmong destin de sang





 

Publicité

Publié dans poesie

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
C
Merci tu nous fais decouvrir de bien beaux poemes. <br /> amities
Répondre